Vingt-sept mineurs hébergés au Centre de rééducation pour enfants de Nyagatare passeront les examens nationaux au cours de l’année scolaire 2025-2026, a annoncé le Service correctionnel du Rwanda (Rwanda Correctional Service – RCS).
Parmi eux, onze élèves ont déjà présenté les examens de fin d’études primaires, tandis que seize autres débuteront les épreuves le mercredi 15 juillet 2026. Ce groupe comprend dix candidats aux examens de fin du premier cycle du secondaire et six candidats aux examens de fin des études secondaires.
Selon le RCS, les jeunes du centre ont enregistré un taux de réussite de 100 % aux examens nationaux ces dernières années. Plusieurs d’entre eux ont ensuite bénéficié de la grâce présidentielle, conformément à la loi, leur permettant de retrouver la vie civile et de poursuivre leur parcours comme les autres citoyens.
Les autorités pénitentiaires assurent que les candidats de cette année ont bénéficié de la même préparation que les autres élèves du pays et se disent confiantes quant à leurs résultats.
Le porte-parole du RCS, le Commissaire supérieur de police (CSP) Hillary Sengabo, a toutefois précisé que l’octroi d’une grâce présidentielle ou d’une libération conditionnelle ne constitue pas un droit automatique.
« La grâce ou la libération conditionnelle relève d’une décision discrétionnaire et non d’un droit. Elle peut être accordée ou refusée. Par le passé, certains en ont bénéficié, et cela pourrait encore être le cas, mais son absence ne constitue pas une situation exceptionnelle, car ces jeunes purgent avant tout une peine », a-t-il déclaré.
Il a ajouté que les jeunes qui terminent leurs études secondaires sans avoir achevé leur peine peuvent poursuivre une formation professionnelle au sein du centre, qui dispose de plusieurs filières techniques, en attendant leur libération.
Le RCS souligne également qu’une grâce présidentielle ou une libération conditionnelle ne supprime pas les obligations légales imposées aux bénéficiaires, ni leur casier judiciaire.
« Les personnes libérées doivent continuer à respecter les conditions prévues par la loi. En outre, la grâce n’efface pas le fait qu’une infraction a été commise. Le casier judiciaire demeure », a expliqué CSP Sengabo.
Une fois leur peine purgée, les anciens pensionnaires ne relèvent plus du RCS. Ils reçoivent un certificat de libération leur permettant de s’enregistrer auprès des autorités locales, d’obtenir une carte d’identité nationale et de reprendre pleinement leur place dans la société.
Le RCS reconnaît que certains bénéficiaires de mesures de grâce retombent parfois dans la délinquance, mais affirme que les cas de récidive restent limités.
Le Centre de rééducation pour enfants de Nyagatare accueille actuellement 632 mineurs, dont 19 filles. Tous suivent un enseignement général ou une formation professionnelle dispensés au sein de l’établissement.
Depuis l’ouverture du centre, 236 jeunes, dont 16 filles, ont passé les examens nationaux. Plus de 68 d’entre eux ont ensuite bénéficié d’une grâce présidentielle.
Selon l’Autorité nationale chargée des examens et de l’inspection scolaire (NESA), 258 255 élèves passeront les examens nationaux cette année. Parmi eux, 149 533 présenteront les examens de fin du premier cycle du secondaire, tandis que 108 722 passeront les examens de fin du deuxième cycle du secondaire. Au total, 879 candidats en situation de handicap sont inscrits et bénéficieront de mesures d’accompagnement adaptées afin de passer les épreuves dans les mêmes conditions que les autres élèves.
