Le gouvernement norvégien a extradé vers le Rwanda François Gasana, également connu sous le nom de Dusabe Frank, poursuivi pour son implication présumée dans le génocide contre les Tutsi en 1994. Il a été remis aux autorités rwandaises ce vendredi, après avoir passé de nombreuses années en Europe.
François Gasana est né en 1972 dans l’ancienne commune de Ndaro, actuellement secteur de Ndaro dans le district de Ngororero. Pendant le génocide, il était étudiant à l’école secondaire de Save.
Son arrestation est intervenue à Oslo en octobre 2022, à la suite d’une enquête approfondie menée par la division criminelle de la police norvégienne, Kripos. Depuis cette arrestation, les procédures judiciaires ont été engagées pour permettre son extradition vers le Rwanda.
En septembre 2023, le tribunal d’Oslo a donné son accord pour son extradition, décision contre laquelle Gasana a fait appel. En avril 2024, la cour d’appel a confirmé le verdict, tout comme la Cour suprême en juin 2024. Cette décision a été entérinée par le ministère norvégien de la Justice en février 2025, puis validée par le Conseil des ministres.
La Norvège affirme que l’extradition de personnes poursuivies pour génocide constitue une démonstration claire de son engagement à lutter contre l’impunité et à respecter les conventions internationales, notamment celles des Nations unies sur la prévention et la répression du génocide.
Le porte-parole du Parquet général du Rwanda, Faustin Nkusi, a salué la coopération des autorités norvégiennes, qualifiant ce geste d’importante avancée dans la justice internationale.
« Nous remercions la Norvège pour sa collaboration dans l’extradition de François Gasana. Nous avions introduit une demande officielle en 2017. Sa remise aux autorités rwandaises est un signal fort montrant qu’aucun pays ne devrait servir de refuge aux auteurs présumés du génocide contre les Tutsi », a déclaré Nkusi.
Il a précisé que, bien que Gasana fût étudiant au moment des faits, il aurait joué un rôle actif dans les massacres perpétrés dans l’ancienne commune de Kivumu, préfecture de Kibuye. Il est notamment accusé d’avoir tué un enfant tutsi à l’aide d’un pieu, ainsi que d’avoir incité d’autres personnes à participer au génocide.
Ce n’est pas la première fois que la Norvège extrade un Rwandais pour des faits liés au génocide. En 2017, Charles Bandora avait également été renvoyé au Rwanda, où il purge actuellement une peine de 30 ans de prison après avoir été reconnu coupable de génocide.
L’extradition de François Gasana marque une nouvelle étape dans la lutte contre l’impunité des crimes de génocide, et reflète une volonté internationale croissante de juger les auteurs présumés, où qu’ils se trouvent.



